La Maison de la Minerve : Une vitrine chaleureuse sur l’histoire québécoise

Au détour des rues pavées du Vieux-Montréal, derrière ses vitrines néoclassiques et ses murs qui ont traversé les siècles, la Maison de la Minerve respire encore l’écho d’une époque où l’on y imprimait des milliers de mots chaque jour. On y entend presque encore les voix passionnées et la vibration d’un Québec en devenir.
Située au 161-163, rue Saint-Paul Est, cette maison-magasin en pierre, érigée vers 1800 par le charpentier, sculpteur et marchand Denis Viger, compte parmi les plus anciennes du quartier. Elle se dresse avec la simplicité élégante de son époque : deux étages et demi coiffés d’un toit à deux versants, une façade de pierre soigneusement taillée, des vitrines encadrées de pilastres doriques, des fenêtres à petits carreaux… Elle témoigne de l’influence britannique sur l’architecture urbaine et l’évolution du commerce montréalais.
Comme beaucoup de bâtiments du XIXᵉ siècle, elle servait à la fois de lieu d’affaires au rez-de-chaussée et d’espace de vie aux étages supérieurs. Ce type de bâtiment était représentatif des quartiers commerciaux au 19e siècle. On imagine très bien les allées et venues des marchands, les familles vivant au-dessus de leur boutique, et la vie d’un Montréal encore jeune et bouillonnant.
Le journal des patriotes
Dans les années 1830, la Maison de la Minerve entre pleinement dans l’histoire du Québec. C’est ici que Ludger Duvernay, imprimeur, journaliste et ardent patriote, installe la presse du journal La Minerve — donnant au bâtiment le nom qu’on lui connaît encore aujourd’hui.
Fondé en 1826 par Augustin-Norbert Morin et repris par Duvernay l’année suivante, le journal La Minerve défendait les droits et les intérêts des Canadiens français et dénonçaient les injustices coloniales. Il devient rapidement un emblème du mouvement patriote au Bas-Canada. Ses pages ont témoigné des prémisses de la réforme démocratique.
De 1829 à 1837, Duvernay y a mené ses activités journalistiques. Au 19e siècle, les idées circulaient, les débats s’enflammaient, et l’histoire du Québec moderne prenait forme. Au fil des décennies, l’orientation politique du journal évoluera, soutenant tour à tour Louis-Joseph Papineau, Louis-Hippolyte La Fontaine, puis George-Étienne Cartier et John A. Macdonald. Mais peu importe les alliances, l’influence du journal demeure jusqu’à sa fermeture en 1889.
Les nouvelles vocations
Au fil des décennies, la Maison de la Minerve a connu des transformations. Elle a abrité la quincaillerie d’Auguste Couillard de 1870 à 1927, puis des librairies, des bureaux, et même un entrepôt de fruits et légumes après la fermeture du marché Bonsecours.
Un incendie en 1966 a détruit une grande partie du bâtiment, mais la façade de pierre est préservée et intégrée à la reconstruction de 1967. Cette restauration, respectueuse de l’esprit du XIXᵉ siècle, lui a rendu son toit en tôle à deux versants et son cachet d’origine.
Dans les années 1980, la librairie Flammarion y installait ses rayons. Aujourd’hui, la Maison de la Minerve accueille encore des commerces qui prolongent sa vocation de lieu de culture et de rencontre.

Un symbole vivant
Classée immeuble patrimonial depuis 1967, la Maison de la Minerve est aujourd’hui comprise dans le site patrimonial du Vieux-Montréal.
Le bâtiment a conservé les éléments caractéristiques qui font tout son charme :
- la maçonnerie de pierre et la façade néoclassique;
- les grandes vitrines commerciales typiques des « show windows » britanniques;
- les murs coupe-feu et lucarnes à pignon;
- les portes à double vantail et impostes vitrées.
Plus qu’un simple vestige, la Maison de la Minerve relie la pierre à la pensée et la mémoire à la modernité. Son nom évoque la déesse Minerve, déesse romaine de la sagesse et des arts, mais aussi de la réflexion stratégique. Ce nom donne vie et féérie à un lieu où l’on imprimait des idées destinées à transformer le Québec.
Une visite inspirante
Dans le tumulte des siècles, la Maison de la Minerve est une pierre de plus dans la fondation de Montréal et elle a imprimé une page indélébile de l’histoire québécoise. La Maison de la Minerve restera toujours un symbole du pouvoir de la parole imprimée. Le bâtiment témoigne d’un espace ou les mots imprimés suffisaient à rallumer l’espoir, à stimuler les débats, à bâtir une nation.
Mon Shack au Québec s’y est installé en novembre 2016, pour le bonheur des amateurs d’artisanat locaux. De nombreux artisans sont fiers de présenter leurs produits faits à la main dans ce lieu d’une grande richesse patrimoniale.
La Maison de la Minerve est un patrimoine politique, éditorial et architectural dont chaque pierre murmure encore les histoires de ceux qui l’ont habitée, de ceux qui y ont pensé, écrit, imprimé. Mettez les pieds au coeur de l’histoire des patriotes tout en magasinant vos souvenirs québécois ou vos cadeaux personnalisés!